Le SDF

SDF, Sans Domicile Fixe. Un errant. Un squatter. Moi, je suis un SDF.

Dans le texte qui suit, je peux évidemment raconter, analyser ce qui m’est arrivé. Je reste en fait un SDF tout à fait privilégié ayant accès aux outils modernes comme Internet et aidé d’ami(e)s ou de personnes sympa qui partagent avec moi le même point de vue sur le monde en général et en particulier.

Je ne peux et je ne veux en aucun cas raconter d’histoires beaucoup plus graves, voire extrêmes de sans-papiers, de malades graves (physiques et psychiques), de gens sans toit ni loi.

Je veux saluer les gens, les organismes qui aident « comme ça » et sans aucune condition. Ne demandent rien. Ni « d’être propre », ni d’avoir des « papiers ».

Ils demandent une sorte de respect de l’un à l’autre, une sorte de paix (et de l’amour ?) inconditionnelle et universelle.

N’empêche que ce que je raconte est la vérité rien que la vérité, d’ailleurs prouvée par des observations et des essais « scientifiques ».

1.      Les problèmes

Ça peut surprendre, mais la nourriture n’est pas, et de loin, le problème le plus grave.

Vous ne me croyez pas ? La preuve : cliquez-ici !

1.1.    La considération

Le problème le plus grave, c’est la mauvaise considération par une certaine frange de la population. « Papa (ou Maman), regarde, un SDF, un clochard ». «Ne le touche pas!». Un « sous-homme » ou une « sous-femme ». Ces regards et comportements du haut vers le bas tuent. A ces moments-là, on souhaite à ces personnes tellement hautaines qu’elles tombent un jour aussi « dans la  merde ».

Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes : bien installés dans leur confort avec un poste stable (RATP…). Mais il y a aussi les travailleurs, les bosseurs (« qui se lèvent tôt le matin ») qui ne comprennent pas que les SDF ne sont pas toujours des fainéants.

Psychologiquement, ce sont des gens qui ont besoin de quelqu’un pour se distinguer, se sentir mieux, se sentir plus riche, plus intelligent, plus beau. Qui ont besoin de « sous-hommes » pour exister, trop pauvre en intellect ou amour.

1.2.    La sécurité

Un problème grave est la sécurité. « Mais qui peut encore voler, agresser quelqu’un qui n’a plus rien? » se demandent les non-initiés. Mais si, on peut voler son passeport, sa carte d’identité, ses documents, ses chaussures, sa nourriture, son sac.

Dormir quelque part à l’extérieur sans pouvoir fermer son abri est très dangereux. C’est aussi une des raisons pour lesquelles les SDF se regroupent souvent.

1.3.    Le sanitaire: rester propre

Aller aux toilettes (gare aux diarrhées!), se laver, se doucher, se raser. Où laver les vêtements, où stocker les vêtements propres et sales?

1.4.    La santé

Mal aux pieds, mal au dos, enrhumé… des petits pépins. Je ne parle pas des gros pépins que je n’ai heureusement pas connus.

1.5.    Les déplacements

Mal aux pieds? Les SDF marchent beaucoup. Parce qu’ils n’ont pas d’adresse !

Moi-même, je marche tous les jours au minimum 5 km (voir annexe 1). Avec un sac de survie. De survie ? Qu’est-ce qu’il y a dedans ? Des papiers administratifs, des adresses, un peu de bouffe, un journal, souvent des vêtements à laver, des rasoirs, du shampoing, une fourchette, un couteau…

Mais en cas de nécessité de déplacements multiples, de manque de tickets de métro, je marche en moyenne entre 10 et 15 km par jour. Ça peut aller jusqu’à 18 km, le record étant entre 19 et 21 kilomètres.

2.      Les solutions

Ça peut encore surprendre, mais des solutions existent. Parfois très simples. Mais malheureusement souvent mal adaptées et/ou largement insuffisantes.

2.1.    La considération

Ce problème reste le plus grave. Chacun pour soi.

Le monde des bruts dans lequel réussit celui qui écrase les autres.

On achète, on stocke, on défend des valeurs monétaires et matérielles immenses. Et on se méfie ainsi de plus en plus des voleurs, on se retire dans son bunker. Voilà, on remplace petit à petit la confiance par la méfiance.

Souvent et partout, les SDF sont chassés de ces terrains prospères.

Mais le nombre de SDF augmente. Y-a-t-il des solutions ? Radicales ?

On en doute.

2.2.    La sécurité

Ce problème reste grave. Il n’y a pas, et de loin, assez d’abris sécurisés. C’est vrai : même quelques-uns des plus pauvres ont encore le culot de voler des choses à quelqu’un qui est encore plus pauvre. Mais ils volent peut-être parce qu’ils sont mal orientés, ils volent par faim, par soif.

Il est pourtant assez incompréhensible qu’on n’arrive pas à construire des abris, par exemple avec des conteneurs bien équipés comme on peut en voir émerger en quelques heures sur les lieux des festivals, des catastrophes naturelles ou encore sur les chantiers. Évidemment, il faut un suivi minimum.

2.3.    Le sanitaire: rester propre

Le déploiement des toilettes sanitaires automatiques et surtout gratuites à Paris est un très grand progrès. En général, elles sont propres, hygiéniques et chauffées en hiver ! Il ne manque pratiquement jamais de papier toilette. Seul bémol peut-être : il reste des zones mal couvertes. Par ailleurs, on voit très bien : quand quelque chose est propre, sa propreté est beaucoup mieux assurée. Encore une suggestion : à l’extérieur des toilettes, il y a un plan de quartier sur lequel sont indiquées les stations de Métro, de taxis, des Vélib’, les bureaux de La Poste, les commissariats (!), etc. Très, très pratique. Ce qui manque, c’est l’emplacement des autres toilettes automatiques ! Dans le cas où… À corriger !

A Paris, il y a 16 bains-douches publiques et également gratuits. La qualité est très différente de l’un à l’autre, mais généralement, on peut se doucher et se raser convenablement. Leurs horaires sont parfois un peu aléatoires et quand même mal adaptés aux gens qui travaillent pendant la journée. Faut instaurer des nocturnes comme pour les grandes expositions au Grand Palais ! Mais là-bas, on ne se douche ni ne se rase, on contemple.

Pour une amélioration de la qualité des établissements, on pourrait éventuellement entamer sa propre évaluation du/des bains-douches parisiens

2.4.    La santé

Là, je ne peux pas témoigner trop. J’ai seulement l’impression qu’on pourrait mieux anticiper les maladies. En général, si quelqu’un entre vraiment dans la merde, il est bien soigné à l’hôpital, relâché. Quelques semaines ou quelques mois plus tard, c’est la récidiviste, la répétition. Manque certainement d’un suivi. Parfois, on voit des gens complètement détruits par l’alcool ou la détresse. Quoi faire ?

2.5.    Les déplacements

Mal aux pieds? Les SDF marchent beaucoup. Parce qu’ils n’ont pas adresse !

Moi-même, je marche tous les jours au minimum 5 km (voir annexe 1). Avec un sac de survie. De survie ? Qu’est-ce qu’il y a dedans ? Des papiers administratifs, des adresses, un peu de bouffe, un journal, souvent des vêtements à laver, des rasoirs, du shampooing, une fourchette, un couteau…

Mais en cas de nécessité de déplacements multiples, de manque de tickets de métro, je marche en moyenne entre 8 et 12 km par jour. Ça peut aller jusqu’à 18 km, le record s’établit certainement aux alentour de 20 Kilomètres.

Un récent relevé des distances donnent les résultats suivants (le 29 avril, je n’ ai pas encore le feu vert de la RATP ou du STIF… et mes pieds me font de plus en plus mal) :

tableau-1

On constate que le débit de tickets de métro reste malgré tout (conditions météorologiques favorables sans pluie) de l’ordre de 2 par jour. Un carnet est donc épuisé après 5 jours. Par temps de pluie, ça va encore beaucoup plus vite.

 

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